Face à une salle bien garnie, le président Jean-Marie Bernard a rappelé les raisons qui ont contribué à ce travail collectif : la sécheresse inédite de l’été 2022, son impact sur la gestion de la retenue de Serre-Ponçon notamment, la venue du Président de la République à Savines-le-Lac pour présenter un plan national de gestion de l’eau et les travaux alarmants de scientifiques sur l’incidence de la fonte des glaciers.
Entre les 2 séquences des Assises de l’eau, plus de 200 acteurs concernés par sa gestion se sont impliqués dans la démarche : élus, acteurs du tourisme, agriculteurs, syndicats d’irrigation (ASA), techniciens, associations de protection de la nature, etc. Ils ont travaillé autour de 5 ateliers et thématiques lors de 21 réunions qui ont débouché sur autant d’actions, dont le déploiement interviendra sur plusieurs années.
Voici un florilège d’opérations qui s’inscrivent dans ce nouveau cadre.
- Eau et hydraulique agricole
Le plan prévoit de construire des aménagements hydrauliques pour stocker l’eau en période d’abondance et diminuer les prélèvements ensuite. Le développement de forages est envisagé. Des essais sur les variétés de végétaux cultivés et des techniques plus économes en eau seront engagés. La recharge des nappes phréatiques va faire l’objet d’études poussées.
- Activités touristiques
Le tourisme estival doit être soutenu, comme les sports d’hiver et d’eau vive dans un contexte de rareté et de préservation de la ressource. Un observatoire des usages de l’eau va être créé, des événements de sensibilisation organisés. Un plan d’adaptation au changement climatique sera défini par filières d’activités.
- Production d’énergie
Pour concilier production d’énergie, protection des milieux et usages multiples de l’eau, les collectivités doivent être mieux accompagnées pour maîtriser le développement de leurs projets. Une cartographie informative concertée des enjeux liés à l’hydroélectricité va notamment être établie.
- Eau potable
Un financement plus incitatif des collectivités va être mis en œuvre pour assurer qualité et disponibilité de l’eau. Il conviendra d’étudier les capacités des multiples ressources en eau (sources, nappes…), de protéger les captages mais aussi de réfléchir à la gouvernance de l’eau.
- Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi)
Le grand public doit être sensibilisé aux enjeux de la Gemapi. Un principe de solidarité entre montagnes « sources » de l’eau et plaines en aval « consommatrices » doit être défini.
Le préfet Dominique Dufour a salué cette démarche conjointe entre l’État et le Département, « un signal fort lancé à tous les acteurs et un gage d’efficacité. » À suivre. ☐
En chiffres
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32 milliards de m3
d’eau prélevés par an pour les différents usages des Français.
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1,2 milliard de m3,
c’est ce que représente à elle seule la retenue de Serre-Ponçon.
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5,3 milliards de m3
de prélèvements pour l’eau potable.
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3 milliards de m3
pour les usages agricoles.
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25 millions de m3
d’eau sont utilisés pour la production de neige artificielle, ce qui représente moins de 1% des usages industriels.