Salle 112 à l’Hôtel du Département. Sur l’imposante table qui trône en son sein, des viennoiseries, du café, du thé, des jus de fruits. Ce matin-là pas de réunion ni de visioconf, mais un petit déjeuner organisé par le Secrétariat général, réunissant la direction des Finances, celle des Affaires juridiques et de l’achat public sans oublier la mission Pilotage, prospective et performance. Parmi les agents, de nouvelles têtes portant en médaillon un badge « visiteur ». Quentin, Yohan, Aline, Martine et Philippe. Ce qui les a conduits ici ce jeudi 23 novembre ? Le Duo Day, dans le cadre de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées.
Handicapées, un terme qui ne sera jamais employé ce matin-là. Tout au plus seront évoqués des « accidents de la vie » par les hôtes du jour. « Et c’est quoi votre parcours, professionnel », questionne un agent dans une curiosité bienveillante. 18 ans de compta dans le privé pour Martine. Un diplôme dans ce domaine pour Yohan. « On recrute en ce moment, n’hésitez pas à candidater », leur fait savoir, dans un sourire, Matthieu Vollot, secrétaire général.
En tant que manager, moi, ce qui m’intéresse ce sont les compétences des gens, pas leur handicap
Mais aucune question directe sur leur handicap, du reste invisible de prime abord. C’est un fait, aujourd’hui en France, interroger une personne sur sa différence n’a rien de naturel. « Je me demandais s’il fallait que j’apporte quelques aménagements à mon bureau pour la personne qui allait être en binôme avec moi. Mais je me voyais mal l’appeler pour lui demander quel est votre handicap », avoue un agent volontaire au duo.
Pour Cyril Benoit, directeur adjoint des Finances, aucun doute dans son esprit : « en tant que manager, moi, ce qui m’intéresse ce sont les compétences des gens, pas leur handicap. Même si bien sûr il est important d’en tenir compte pour apporter, le cas échéant, des adaptations. » Son souhait le plus cher ? Qu’il n’y ait plus besoin d’organiser de Duo Day.
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16
duos ont été formés cette année au Département
Mais le chemin vers l’inclusion est encore long. Et le Duo Day encore nécessaire pour « casser nos préjugés, changer notre regard », souligne Tiphaine Cam, référente insertion professionnelle à la MDPH-MDA. Même si les lignes commencent à bouger. Pour preuve, cette année, la collectivité a formé 16 duos, un record pour cette troisième participation. De leur côté, Quentin, Martine, Yohan… « ont pu, pour certains, affiner leur projet professionnel », se félicite Tiphaine. Mission accomplie.