Aménagement du territoire, Culture: Un nouvel écrin pour les Archives départementales

Début mai, les Archives départementales investiront leurs nouveaux locaux, construits en lieu et place de leur bâtiment originel, sorti de terre dans les années 60, route de Rambaud à Gap. Un événement historique, à l’échelle d’Archives départementales, qui marque un nouveau départ, placé sous le signe d’un regain de proximité avec les Haut-Alpins. Nom de code de l’opération ? « Les Archives se la racontent », enfin au sens littéral du terme.
« L’idée est née avant même que les Archives ne gagnent leurs locaux temporaires, à La Bâtie-Neuve », explique Pierre Fabry, leur directeur qui s’inscrit, ici, dans les pas de son prédécesseur et initiateur du projet.
L’ambition : changer l’image des Archives, que beaucoup imaginent comme une grande cathédrale remplie de rayons poussiéreux réservés à un public d’initiés. Haro sur ce phantasme aux effluves de naphtaline. Place à un futur ouvert à tous qui se façonne dès à présent.
« ‘‘Les Archives se la racontent’’, c’est une somme de projets réfléchis avec des agents très impliqués et nos partenaires : Éducation nationale, centre sociale de St-Mens… », sourit Pierre. Au programme : recherches sur l’histoire du bâtiment originel, collecte de témoignages oraux de Haut-Alpins arpentant depuis toujours le quartier gapençais des Archives (St-Mens/Molines). Ils y partageront leur quotidien au fil des ans, leur relation avec les Archives, la vision qu’ils en ont, ce qu’ils en attendent dans l’avenir.
« En faisant participer les gens, nous souhaitons instaurer une plus grande proximité entre eux et les Archives. »
Des questions qui seront également posées aux nouveaux habitants ou encore aux fidèles qui viennent explorer le passé des Hautes-Alpes en salle de lecture. « En faisant participer les gens, nous souhaitons instaurer une plus grande proximité entre eux et les Archives », explique Pierre. Parmi les capsules sonores valorisées lors de l’inauguration du nouveau bâtiment et à terme diffusées sur le site internet des Archives, d’anciens agents ayant œuvré à la conservation de notre passé commun. Ils y raconteront leur travail et la façon dont il a évolué.
De quoi « incarner » le métier d’archiviste et ses multiples facettes, souvent méconnus ou simplement ignorés du quidam.
Les jeunes générations seront aussi de la partie avec l’École primaire Bellevue, voisine des Archives, rue de Rambaud. Sans oublier les lycéens de St-Joseph. Comment ? Cela reste encore à affiner. Une chose est certaine, cette expérimentation « qui nous sort de notre zone de confort », confie Pierre, préfigure une nouvelle ère où les Archives seront partie intégrante d’un quartier et plus largement d’un territoire. Les Hautes-Alpes.