« Imaginé pour durer 30 jours, durant l’été 2018, je poursuis pour la 6e année cet exercice qui consiste à publier une photo et une petite légende chaque jour sur les réseaux sociaux. Les images de mon quotidien, réel et ancré, rêvé ou fantasmé, accompagnent mon café noir du matin pour s’inscrire dans une suite sans fin. L’air de rien, l’exercice est devenu un petit rituel. Celui-ci salue quelques moments ordinaires, révèle d’infimes et anodins détails puisés dans le quotidien et invite à prêter attention aux micros événements, aux coups de cœur, aux moments de grâce comme aux petits troubles. Ce qu’il en reste ? Un certain mode d’emploi du temps, la récurrence du monde paysan et l’omniprésence de Capdenac, quelques horizons et bouts de chemins noirs, une collection de voitures sous bâches, une autre de camping-cars stationnant dans des paysages de cartes postales, les apparitions d’une chimère d’indien, des choses imbéciles, une main. Alors, par le jeu d’une série quasi maniaque, c’est une anthropologie de poche qui apparaît, celle qui parle de nous et du goût de la vie. C’est de cette façon, que je tente à ma mesure et avec humilité d’habiter poétiquement le monde. » Fred Sancère